« Ne pas se laisser
endormir… »

Affirmer sortir la SNCF du « formol », il fallait oser ! France Inter, le 23 juin, l’a fait. Brutal et sans appel, le propos se voulait résumer l’objectif poursuivi par notre direction pour son nouveau projet d’entreprise, présenté l’après midi même lors d’un CCE extraordinaire.
L’exercice terminé, cette « Ambition SNCF 2012 » interroge toujours et a de quoi en effet rendre perplexe. D’une part, parce que 48 heures après ces travaux ce plan stratégique change de nom, « Vision d’entreprise : destination 2012 » est né, et d’autre part parce qu’il ne prétend pas avoir un caractère exhaustif. Tout au plus, il s’agirait de fixer un cap.
En fait, pour tenter d’y voir clair, il faut revenir aux fondations du projet définies en mars, un mois à peine après la nomination de Guillaume Pepy, et à la feuille de route qui lui a été confiée par le chef de l’État en personne. Depuis, la construction serait collective, mais la méthode n’abuse personne.
Pour notre part, nous avons examiné sa version 2, celle du Comité exécutif. Le lendemain, une troisième, censée reprendre nos réflexions et celles puisées sur Intranet, à la Convention de l’encadrement, est éditée. Enfin, une quatrième reprenant les remarques du Conseil d’administration et du Comité de groupe bouclerait le dispositif à la mi-juillet.
Les choses sont rudement menées et ça ne chôme pas du côté de la direction de la Communication. Logique, son premier responsable n’est autre que le chef du projet, et via le journal Les infos, nous connaissons la promptitude de ce service à annoncer des restructurations avant même que le CCE n’ait été consulté. En outre, en ces temps de rationalisation, de rentabilisation de la maison SNCF, à tous ses étages, les remarques contraires à l’optimisme sans limite du président sont systématiquement rejetées. C’est ainsi qu’après l’avoir aidée, nous entrons en guerre contre la concurrence. Une révolution qui s’accompagne déjà de nombreux changements de têtes parmi nos dirigeants. Tous doivent être désormais prêts au combat, motivés, aux ordres, et malheur à ceux qui ont le courage de rappeler quelques fondamentaux en matière de service public et d’entreprise intégrée.
La direction avance toutefois sa stratégie à pas comptés. Dans l’attente des arbitrages sur sa maquette financière et les modalités du nouveau fonctionnement de la SNCF, prévus à l’automne, il se peut même qu’elle n’en connaisse pas tous les aspects. Pour autant, nous n’avons aucune illusion à nous faire quant à sa capacité à résister aux pressions politiques. Sous peine de réveils difficiles, nous ne pouvons donc compter que sur nous mêmes et, de ce point de vue, nous en savons assez pour ne pas se laisser endormir.

Paris, le 1er juillet 2008

 
 

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