« La bataille des retraites
est loin d’être terminée ».

Ceux qui pensaient que l’actuelle réforme des régimes spéciaux de retraite mettrait un terme à celles menées en 1993 et 2003 dans le privé et dans la fonction publique en sont pour leurs frais. Dix ans auront été nécessaires pour mesurer l’impact de la première. Même le mouvement de 1995 n’aura pas permis d’y revenir. Certes elle a contribué à accélérer la prise de conscience des effets négatifs de la seconde, mais, c’était prévisible, c’est la troisième, aujourd’hui, qui éclaire le tout et laisse encore moins de répit à ses auteurs.
C’est que la voie prise dès le départ n’était pas la bonne. Pour preuve, les comptes de l’assurance vieillesse stagnent et l’on demande toujours les sacrifices aux mêmes. Ce sujet ne peut donc être pris exclusivement sous l’angle financier.
Peu sont désormais dupes quant à cette volonté de niveler, puis d’allonger les durées de cotisations pour faire face à l’évolution de l’espérance de vie. Se jouent en vérité pour tous les salariés de ce pays le niveau des prélèvements obligatoires, le montant des pensions et, à terme, le choix entre deux options : la solidarité nationale et intergénérationnelle d’un côté avec le système par répartition et, de l’autre, le chacun pour soi avec le système par capitalisation. Voilà pourquoi la bataille des retraites est loin d’être terminée. En outre, forte de notre lutte en cours, la situation n’est déjà plus tout à fait la même.
Au coude à coude avec d’autres, nous avons imposé le principe de négociations tripartites : État, directions d’entreprise et organisations syndicales. Le résultat, alors que le premier des trois entendait se débarrasser du dossier en quinze jours, conjugué aux champs dorénavant ouverts, est que la réforme globale prévue en 2008 ne passera pas comme une lettre à la poste.
À l’origine, cette mobilisation trouve sa force dans une démarche syndicale unitaire. L’ampleur des moyens mis pour la briser atteste de la crainte qu’elle suscite en hauts lieux. Dommage que d’aucuns s’y soient prêtés, passant plus de temps à dénigrer les modalités de la lutte ou à jouer dans le catégoriel qu’à conforter les rassemblements et convergences possibles d’action.
Ces actes ont laissé des traces. Ne serait-ce que pour ne pas les renouveler, débattons-en ! Et n’omettons pas dans ces échanges, que la crédibilité du syndicalisme se joue aussi sur sa capacité à accorder pluralisme et efficacité.
De ce point de vue, la manifestation nationale du 22 janvier prochain constitue un exercice pratique tout trouvé. Outre la défense des retraites, de l’emploi, des salaires et de Fret SNCF, elle permet également de renouer dès le début de l’année avec le « Tous ensemble »…

Paris, le 26 décembre 2007

 
 

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